Apocalypse épisode 1 / saison 1

Apocalypse


Prologue



Wendell Richmond s'était toujours considéré comme un raté. Un pauvre bouseux qui avait passé toute sa vie dans un village paumé du Kansas. A l'âge de douze ans, son père était mort d'une saleté de crise cardiaque. Trois ans plus tard, le malheur s'était encore acharné sur sa pitoyable existence, prenant la forme d'un accident de machine agricole. Les médecins qui l'avaient rafistolés à l'hôpital du comté, lui avaient assuré qu'il avait eu beaucoup de chance, même s'il avait laissé dans l'affaire son bras gauche qu'on avait du lui amputé un peu au-dessus du coude.
Certes, il n'avait pas vraiment été verni par la vie, mais aujourd'hui à 27 ans, il était prêt à reconsidérer ce qu'il prenait pour une certitude. Six semaines auparavant, Denver avait été rayé de la carte, comme bon nombres d'autres grandes villes des Etats-Unis. L'apocalypse nucléaire que tous le monde redouté était finalement arrivé, et alors que des millions de citadins étaient morts et que le pays entier était plongé dans le chaos, lui, le pauvre minable de la campagne était encore en vie...



episode 1 / saison 1 – La ville fantôme.



La rue principale était aussi morte que le reste de la petite ville. L'idée de penser qu'autrefois Bigsbee avait débordé de vie était presque dérangeante tant la commune était devenue sinistre et silencieuse. Ce n'était plus qu'une succession de bâtiments froids et déserts, abandonnés aux caprices du vent.
Ce dernier dispersait de la poussière et des débris de toutes sortes qui tourbillonnaient avec véhémence sur la chaussée. Sur la route proprement dite, deux 4x4 et une vieille camionnette avaient été abandonnés, certainement faute de carburant.
Wendell avançait d'un pas rapide, s'efforçant de ne pas trébucher sur les innombrables détritus qui jonchaient son chemin. La lumière de sa lampe torche, outre l'éclat blafard des cieux, était la seule à éclairer la scène.
Le jeune homme était vêtu d'un épais blouson délavé et d'un treillis noir. Il avait également sa fidèle casquette des Jayhawks retournée sur sa tête. Il portait en outre un imposant sac à dos mis en bandoulière et un holster duquel dépassé la crosse nacrée d'un antique revolver se balançait en cadence sur sa hanche droite. Wendell se sentait un peu ridicule vis-à-vis du choix de cette arme, mais avec son bras en moins il n'avait pas d'autre alternative que d'imiter ainsi les cow-boys d'antan. Par les temps qui couraient, mieux valait être armé...
Le bruit de ses bottes était le seul à transpercer le lourd silence qui baignait l'atmosphère. Il se répercutait sur les murs des maisons avec un sinistre écho, rendant sa progression plus pénible encore.
Le jeune homme s'arrêta un instant pour souffler. Il se trouvait près d'une voiture couverte de sang séché et de poussière. Une corvette, à en croire le logo fixé sur le capot. Un corps était assis à la place du conducteur. Sa tête, en partie cachée par une épaisse masse de cheveux, ne lui permit pas de déterminer s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme. Cependant, la robe souillée de poussière de l'inconnue tentait de prouver qu'elle faisait partie de la deuxième catégorie. Impossible de savoir de quoi était morte la malheureuse. Peut-être avait-elle été victime des radiations ? Où des pillards ? Dans ce monde devenu fou toutes les hypothèses étaient possibles...
Wendell détourna le regard de cette vision morbide. Presque inconsciemment, il leva le nez vers le ciel. Le temps était dégagé ce soir. Au-dessus de sa tête, les étoiles brillaient, certaines seules dans leur coin, d'autres serrées les unes contre les autres, dessinant des constellations. Le jeune homme se rappela avoir lu dans un magazine qu'il fallait des milliers d'années pour que leurs rayonnements ne parviennent jusqu'à la terre. Il réalisa alors qu'il ne contemplait peut-être que les images d'âmes disparues depuis des décennies. Cette pensée le fascina et l'effraya tout autant.
La morsure glacée du vent contre sa peau le fit frissonner. La halte avait assez duré. Il reprit son chemin en quête d'un abri pour la nuit. Le salut se présenta sous la forme d'une épicerie aux vitrines défoncées.
La porte de la boutique avait été enfoncée et pendait mollement sur ses gonds. La main du jeune homme effleura machinalement la crosse du revolver. Wendell avait toujours détesté les armes à feux, mais bizarrement, le fait d'avoir cet instrument de mort à ses côtés, le rendait plus serein. Le contact froid du métal entre ses doigts lui donna l'assurance nécessaire pour pénétrer dans les ténèbres du magasin.
Son premier réflexe fut d'appuyer sur l'interrupteur qui se trouvait à sa droite. Il ne fut même pas surpris lorsque rien ne se passa. Wendell se reprocha mentalement sa stupidité. Le bâtiment, comme tous les autres en ville, avait été déserté par la fée électricité. C'était d'ailleurs le cas de toutes les localités qu'il avait traversés ces deux dernières semaines. Pourquoi aurait-ce été différent ici ?
Il s'avança plus avant dans la boutique. Un bruit de verre brisé accompagnait chacun de ses pas.
Sa lampe torche balaya les étagères sans dessus dessous, ultimes vestiges de la panique générale qui s'était emparée des gens alors que les retombées radioactives de Denver fonçaient sur eux. Tout avait été saccagé. Ce que les pillards n'avaient pu emporter avait été complètement détruit. Un vrai gâchis...
Un bruit attira son attention. Il se retourna promptement, braquant la lampe sur les ténèbres qui l'entouraient. Il n'y avait rien. En outre, le bruit (si tenté qu'il eut existé) avait cessé. Il tendit l'oreille, mais ne perçut rien d'autre que le silence de l'infini. Cela devait être un mauvais tour de son esprit déjà bien éprouvé par les événements...
Haussant les épaules, il continua son exploration du magasin. Alors qu'il examinait un paquet contre lequel sa chaussure avait buté, le son recommença de plus belle. Cela ressemblait étrangement au bruit de quelqu'un marchant sur du verre brisé. Mais la sonorité du pas était des plus étrange. Cela n'avait franchement rien d'humain. De nouveau, sa lampe balaya le néant sans rien trouver. Le bruit s'était tu, mais cette fois, Wendell décela une présence quelque part autour de lui. Il n'était pas seul dans la boutique, cela ne faisait plus aucun doute.
Le souffle court, il s'approcha encore. Le jeune homme inclina la lampe vers le sol et son c½ur manqua un battement. Un labrador se dressait devant lui, l'air mauvais. Une main sectionnée à hauteur du poignet trônait fièrement dans sa gueule écumante de bave.
- Gentil le chien...
Wendell eut un geste de recul. C'était la première créature vivante qu'il rencontrait depuis huit jours, mais il ne ressentit aucune joie. Au contraire, la vue de ce molosse l'effraya. Il n'avait rien du brave « toutou à sa mémére » et lorgnait plus du côté de « Cujo » que de celui de « Pluto. »
Ce dernier retroussa les babines, laissant apparaître ses crocs jaunis. Il grogna encore.
- Gentil...
Lorsqu'il était encore un gamin son cousin avait été mordu à la main par le caniche de leur grand-mère. La plaie était assez impressionnante pour un chien de petite taille. Il n'osait même pas imaginer les dégâts que ce labrador pouvait faire d'un coup de dent...
Le molosse recracha la main pour toiser le jeune homme. Il grognait toujours, voyant probablement en lui un dîner bien plus succulent que le membre desséché dont il venait de se débarrasser. Wendell se força à ne pas le regarder dans les yeux. Mieux valait ne pas le provoquer...
Un instant, il songea à utiliser le revolver, mais aurait-il simplement le temps de le dégainer ? Une foule d'idées se bousculaient dans sa tête, finalement, il choisit celle qui lui semblait la moins insensée : la fuite.
Dans sa précipitation à reculer, son pied se déroba sur un quelconque obstacle. Il tomba à la renverse, moulinant le vide de son seul bras valide. Le choc fut si violent qu'il en eut le souffle coupé. Sa lampe lui échappa des mains et roula de quelques mètres sur le sol. Profitant de l'incident, le labrador passa à l'attaque. En deux temps trois mouvements, il fut sur lui. Ses terribles mâchoires se refermèrent sur sa jambe gauche. Par chance, le cuir épais de sa botte lui permis d'éviter le pire. A défaut d'un mollet en moins, il en serait quitte pour un gros hématome...
Le chien s'acharnait sur sa chaussure. Wendell lui asséna un violent coup de talon à l'aide de son autre pied, touchant l'animal à la tête. La créature poussa un jappement aigu et lâcha enfin prise. Le jeune homme profita de cette accalmie pour se saisir du revolver. Ses doigts l'agrippèrent au moment même ou le molosse se redressait sur ses pattes. Il s'élança de nouveau, toutes griffes dehors.
Poussé par l'adrénaline, Wendell braqua son arme sur l'attaquant. Avant que le chien ne puisse porter un autre coup de dent, il fit feu. Trois détonations déchirèrent la pénombre. Dans le faible halo de la lampe torche l'animal fut prit d'un tressautement. L'une des balles l'avait mortellement atteinte. Il s'écroula sur le jeune homme, inerte. Wendell se dégagea comme il le put, s'aidant surtout de ses jambes.
En se redressant, il constata avec horreur que son blouson était couvert d'une matière poisseuse à l'odeur métallique. Le jeune homme rangea nerveusement le revolver dans son holster et récupéra sa lampe torche d'une main tremblante. Puis son demander son reste, il ressortit dans la rue. Les coups de feux avaient peut-être été entendus par des pillards, il valait mieux chercher un autre abri...

FIN EPISODE 1

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# Posté le mercredi 27 juin 2007 12:45

Modifié le mercredi 22 août 2007 13:47

Apocalypse épisode 2 / saison 1

épisode 2 / saison 1 – Sauvetage.



La cellule était sombre et humide, et ne comportait pour tout mobilier, qu'un lit au matelas crasseux, fixé par des chaînes à l'un de ces murs. La seule lumière qui éclairait cette petite pièce de deux mètre sur trois, provenait d'une petite lézarde, seule lucarne vers le monde extérieur.
Une adolescente y était emprisonnée. L'expression de son visage était celle d'un animal traqué. Ses vêtements sales étaient déchirés en plusieurs endroits. Cette dernière se tenait debout derrière la grille coulissante qui la maintenait en captivité depuis bien trop longtemps. Elle empoigna les impressionnants barreaux qui composaient le dernier rempart entre elle et sa liberté, et tenta désespérément de la faire coulisser. Sa tentative, (comme toutes les précédentes depuis des heures d'ailleurs) fut vaine.
La grille était solidement verrouillée, et la prisonnière le savait parfaitement. Pourtant elle ne voulait pas baisser les bras, et elle redoubla d'effort. Cependant, ses faibles forces l'abandonnèrent rapidement.
L'adolescente lâcha prise et se laissa choir sur le sol, puis elle se mit à sangloter. Il n'y avait donc aucun moyen de sortir d'ici ?
Sa tête se tourna vers le couloir qui jouxtait la cellule. Ses yeux habitués aux ténèbres distinguèrent sans aucun mal le cadavre qui s'y trouvait. Des nuées de mouches voletaient sur le corps en putréfaction. Mais ce qui impressionnait le plus l'adolescente était la tête du pauvre bougre, figée d´une expression de terreur comme elle n'en avait jamais vu auparavant. Ses yeux exorbités semblaient la fixer avec mépris, quant à sa bouche, elle était grande ouverte comme-ci avant de mourir, il avait crié de toutes ses forces en voyant la chose la plus terrifiante de toute sa vie...
Elle se recroquevilla sur le sol glacial de son cachot, tout en continuant d'observer l'épouvantable défunt. Elle ne put s'empêcher de l'envier inconsciemment. Lui au moins était libre...
Il lui fut impossible de déterminer combien de temps elle resta prostrée ainsi à fixer le cadavre, mais cela lui sembla durer une éternité. Un bruit provenant du couloir la tira de sa torpeur. Un bruit qui la fit tressaillir : celui de pas qui se rapprochés.
L'homme apparut enfin dans son champ de vision, l'aveuglant de sa torche.
- Non !
Il fit tourner la clé dans la serrure de la porte et s'introduisit dans la cellule. L'adolescente rampa jusqu'au fond de son antre, les yeux écarquillés de terreur.
- Je vous en prie...
L'inconnu ignora sa supplique pour lui attraper les cheveux, tirant sans ménagement. Ses mains pataudes parcouraient avidement les courbes de sa prisonnière. L'adolescente se débattit du mieux qu'elle le put, mais l'autre faisait preuve d'une force incroyable. Il renifla bruyamment.
- C'est ça ma jolie, débat toi ! Je déteste les filles faciles...
D'une main, il baissa la fermeture éclair de son jean à l'aspect douteux.
L'adolescente eut un haut-le-c½ur en le voyant faire. Tout mais pas ça ! Elle se débattit avec la force du désespoir, mais c'était inutile. Il n'y avait aucune échappatoire.
- Je vous en supplie, souffla-t-elle presque qu'imperceptiblement, non !
- Allons, allons. Je ne vais pas te faire de mal, bien au contraire...
Le malotru arracha sauvagement ce qui restait de ses vêtements. Elle se retrouva alors à demi nue, frissonnant devant son bourreau.
L'adolescente se mit à pleurer en silence. Elle n'avait plus la force de lui résister, et puis de toute façon à quoi cela servirait-il ? L'homme lui lécha avidement le visage avec sa langue, laissant une infâme trace baveuse sur son passage.
- Pitié...
La voix cassée de l'adolescente était presque inaudible.
- Non...
Elle ferma les yeux pour tenter de déconnecter sa conscience du monde qui l'entourait, cherchant à s'évader de cette horrible scène par la simple force de sa pensée. Mais alors que l'ignoble bonhomme allait se coucher sur elle, une notion remonta à la surface de son esprit : pourquoi attachait-elle autant d'importance à son être après tout ce qui c'était passé ? Après les explosions atomiques et les millions de morts, après l'apocalypse et les pleurs, là au milieu de cet enfer qu'était devenu le pays, pourquoi son corps serait-il sacro-saint ? La réponse était évidente, et elle la connaissait avant même que la question ne fut vraiment formulée. Parce que c'était le sien ! Ce monde pourri pouvait bien disparaître sous les radiations et la haine, mais son corps lui appartenait. À elle et à personne d'autre !
- Non !
Ayant retrouvée un peu d'énergie, elle repoussa le sale type en lui flanquant un coup de genou dans les côtes, mais il tressaillit à peine sous le coup.
- C'est ça, débat-toi ma jolie !
L'adolescente voulut lui donner un autre coup, mais il stoppa son bras sans le moindre problème. Sa force physique était nettement inférieure à celle de son bourreau, à quoi bon résister ?
- Je vais te faire couiner petite pute et tu vas aimer ça...
La victime ne trouva rien à y redire. L'homme colla sa bouche contre la sienne mordillant le bout de ses lèvres. Alors que tout semblait perdu, l'improbable se produisit.
- Je peux savoir ce qui se passe ici ?
L'homme abandonna un instant sa malheureuse prisonnière pour se tourner vers le couloir d'où provenait cette voix importune.
- Tire-toi pauvre connard, aboya-t-il en direction du jeune homme qui était planté là. Tu vois pas que tu nous interrompt ?
La lampe torche de l'inconnu éclaira le visage embué de larmes de l'adolescente. Celle-ci leva vers lui un regard suppliant. Wendell (puisque c'était de lui qu'il s'agissait) comprit alors qu'il avait bien fait de quitter la boutique pour venir se réfugier dans l'office du shérif.
- J'ai pas l'impression que la demoiselle soit d'accord. Déclara t'il en séparant bien les mots. Vous devriez peut-être la laisser tranquille...
Furieux, l'homme se releva d'un bond.
- Et toi tu ferais mieux de décamper d'ici tant qu'il te reste encore toutes tes dents !
Il tira un couteau à l'arrière de sa ceinture et l'agita d'un air menaçant.
- Tu crois que c'est un pauvre pèquenot manchot qui va m'empêcher de me la faire ?
Profitant de la confusion, l'adolescente essaya de ramper hors de la cellule, mais l'homme s'en aperçut et la stoppa net en l'agrippant par les cheveux.
- Toi tu ne bouges pas, salope !
Elle poussa un gémissement de douleur lorsqu'il la jeta contre le mur au fond de la pièce.
- Vous allez vous calmer, reprit tranquillement Wendell. Où sinon...
L'homme s'esclaffa en agitant les mains au ciel.
- Ou sinon quoi l'éclopé ?
Wendell vit l'homme se jeter sur lui, le couteau brillant d'un étrange éclat au-dessus de sa tête. Inconsciemment, la main du jeune homme s'empara du revolver. Braquant l'arme au jugé il appuya sur la détente. Tout se passa alors au ralenti. La balle qui sortie du six coups. Le spasme de l'homme lorsque celle-ci lui perfora le crâne. Et l'interminable chute que son corps décrivit alors qu'il tombait à la renverse sur le sol. En l'espace de deux secondes tout était terminé.
Wendell s'efforça de ne pas s'attarder sur le corps de l'inconnu qu'il venait de tuer de sang froid. Bizarrement, il n'éprouvait aucun regret. Après tout, cela n'était que de la légitime défense, et au vu de ce qu'il s'apprêter à faire à cette pauvre gamine, il avait bien mériter de mourir. Il préféra se pencher sur l'adolescente. Celle-ci le toisa un moment, les yeux rougis par les larmes. Elle murmura un faible « merci » avant de s'évanouir contre sa poitrine.
Wendell éprouva un léger malaise à soutenir se corps frêle et dévêtu. Calant délicatement la tête de l'adolescente sur ses genoux, il retira difficilement son blouson pour envelopper la pauvre gamine dedans.
Son regard s'attarda de nouveau sur l'homme. Une petite mare de sang était en train de se former sous ce qui resté de sa tête. Wendell bouillait intérieurement. Dieu seul sait ce que ce salaud aurait fait endurer à la malheureuse s'il n'était pas arriver à temps. Et dire que dehors il y avait des centaines d'autres types dans son genre, profitant du chaos général pour faire régner la terreur et satisfaire leurs plus bas instincts...
- Quel monde de merde...

FIN EPISODE 2
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# Posté le mercredi 27 juin 2007 12:46

Modifié le mercredi 22 août 2007 13:47

Apocalypse épisode 3 / saison 1

épisode 3 – Réveil difficile.



Megan était assise à la terrasse de chez Gee's, l'un des restaurants à la mode du centre ville de Denver, souriant de toute la blancheur de ses dents. Sa jolie frimousse regardait paisiblement les passants qui se promenaient dans la rue. Soudain son visage se figea en une expression d'horreur.
A l'horizon, une gigantesque vague de feu avait fait son apparition, dévorant à une vitesse fulgurante et les uns après les autres, tous les bâtiments de la ville, fonçant droit sur elle. La lumière dégagée par l'apparition était tellement vive que la jeune fille du se protéger le visage avec le bras. Un bourdonnement étrange résonnait dans l'air au fur et à mesure que le mur de feu se rapprochait. Le sol et les murs du café se mirent alors à trembler.
Certains clients se précipitèrent dans la rue pour fuir, d'autres se cachèrent sous les tables. D'autres encore se mirent à crier et à pleurer. Autour de la jeune femme, la panique semblait totale.
Toutes les vitres du restaurant se brisèrent d'un coup, déversant un millier d'éclats de verre aussi coupant que des lames de rasoirs sur les malheureux clients aveuglés. La scène n'était plus qu'un chaos de cris et de pleurs à présent.
Megan détourna la tête. La chaleur dégagée par la langue de feu était si intense que ses yeux avaient déjà commencés à fondre dans leurs orbites, défigurant atrocement son visage angélique. Son corps s'enflamma subitement, mais avant qu'il ne se désintègre en une myriade de particules incandescentes, elle parvint à crier un mot, un seul, en partie déformé par la douleur :
- Wendeeel!!!
L'intéressé s'éveilla si brutalement qu'il en fut pris de vertige. Après s'être débarrassé du cadavre de l'autre type, il s'était installé au chevet de la gamine pour attendre patiemment son réveil. Les heures passant, il avait finit par s'endormir à son tour.
Les tempes douloureuses, le jeune homme s'adossa au mur. Il lui fallut un bon moment pour reprendre totalement ses esprits. Il resta assis là, le front couvert de sueur et la respiration saccadée, un mince filet de bave pendant à la commissure de ses lèvres. Depuis les attaques et la destruction de Denver, cela faisait bien une dizaine de fois que ce rêve sinistre venait le hanter. Et le malaise qu'il éprouvait au réveil ne faisait que croître à chaque nouveau cauchemar. Cela ne s'arrêterait donc jamais ?
Le souffle encore un peu court, il se passa la main sur le visage comme pour chasser l'angoisse qui lui rongeait les traits. Ce ne fut que lorsqu'il fut un peu calmé qu'il remarqua seulement que l'adolescente le regardait. Celle-ci était allongée dans la position exacte ou il l'avait laissée la veille. Elle venait probablement de se réveiller elle aussi, car la fatigue pouvait encore se lire sur son visage juvénile. A moins que cela ne fut du au mauvais traitement que lui avait infligé l'autre cinglé...
Un sourire illumina le visage du jeune homme.
- Bonjour, murmura-t-il chaleureusement. Je m'appelle Wendell.
L'adolescente le regarda d'un air absent. Il se redressa sur ses jambes et vint s'accroupir lentement prêt d'elle. Lorsqu'il s'approcha cette dernière tressaillit.
- N'ait pas peur je ne te veux aucun mal.
Toujours pas de réponse. Le traumatisme qu'elle avait subit pouvait-il l'avoir rendue muette ?
- Et ne t'en fais pas, continua-t-il, l'autre sale type ne pourras plus t'en faire, je me suis occupé de lui. Tu ne te rappelles pas ?
Ses paroles commencèrent à faire leur chemin dans le cerveau de son interlocutrice.
- Allons, tu ne risques plus rien maintenant. Je ne laisserai plus personne te faire de mal, je te le promets.
Ses yeux croisèrent celle de la gamine. Wendell crut percevoir un léger soubresaut dans ses pupilles. L'instant d'après elle lui sauta au cou, pleurant à chaudes larmes.
- Allons c'est fini, répéta-t-il en lui donnant de petites tapes amicales dans le dos, c'est fini...

FIN EPISODE 3
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# Posté le mercredi 27 juin 2007 12:47

Modifié le mercredi 22 août 2007 13:47

Apocalypse épisode 4 / saison 1

episode 4 – Les préparatifs



Trouver des vêtements à la taille de la gamine, n'avait pas été chose facile. La petite localité comportée bien une cinquantaine de maison, mais la quasi-totalité d'entre elles avaient été pillées. Wendell éprouva quelques scrupules à farfouillait ainsi chez les gens. Leurs propriétaires les avaient certes abandonnées, mais ce qu'elles contenaient leur appartenait toujours. Cela le faisait se sentir dans la peau d'un vulgaire voleur, et il détestait ça. Mais avait-il réellement le choix ? Avec le froid qui régnait dehors et l'hiver qui pointait le bout de son nez, l'adolescente ne pouvait pas restée indéfiniment habillée d'un simple blouson cradingue...
Il trouva finalement son bonheur dans une ferme située à l'entrée du village. La maison devait appartenir à un couple de personne âgées au vu des meubles anciens et de la tapisserie jaunie. Au début, il crut qu'il perdait son temps à explorer l'étage, mais il avait bien fait de pousser plus loin ses investigations. L'une des mansardes devait servir de chambre à une adolescente. Peut-être la petite fille des vieux ? Des posters de chanteuse country étaient placardés sur les murs et une impressionnante coiffeuse occupée tout un coin de la pièce. Dans une armoire élégamment décorée de paillette rose et bleu, il avait découvert le jackpot.
Wendell avait choisi les vêtements qu'il lui avait parut les plus chaud et les plus confortables, prenant aussi une paire de bottes à talons plats. Elle serait certainement un peu grande pour la gamine, mais il n'aurait qu'à les rembourrées avec du papier journal ou des morceaux de coton... Satisfait, il fourra toutes ses trouvailles dans un sac de voyage qu'il avait trouvé lors de ces explorations précédentes.
A son retour dans le bureau du Shérif l'adolescente était toujours là, grelottant sous la misérable protection du blouson. Le fond de l'air était plutôt frais ce matin et les parties nues de ses jambes étaient parcourut par la chair de poule.
- Désolé d'avoir été aussi long, fit-il en retournant le contenu du sac sur le bureau, j'ai eu un mal fou à trouver...
Sur le coup, elle ne répondit rien. Puis ses lèvres bougèrent finalement.
- J'ai... J'ai cru que vous m'aviez abandonnée...
La voix était si faible que Wendell crut l'avoir rêvé. Il essaya de lui répondre le plus posément possible.
- Je ne ferais jamais une chose pareille, sois tranquille.
Le jeune homme l'observa discrètement. Elle avait un corps d'enfant et des yeux de vieillard. La pauvre avait probablement du supporter beaucoup de choses horribles depuis le début de tout ce bordel... Elle leva sur lui un visage tordu par l'émotion.
- Vous... Vous ne me ferez pas de mal... promis ?
- Promis, affirma-t-il de sa voix la plus douce. Et je ne laisserai plus personne t'en faire, compte sur moi.
Une larme solitaire roula sur sa joue. Wendell l'essuya d'un revers de la main.
- Au fait je ne connais toujours pas ton nom. Comment est-ce que tu t'appelles ?
L'adolescente sembla fouiller les tréfonds de sa mémoire, elle ouvrit la bouche avant de se raviser. Le jeune homme décida de l'encourager un peu.
- Moi c'est Wendell Richmond.
Il réfléchit un instant avant d'ajouter avec un sourire :
- Je suis un pur produit de ce bon vieux Kansas.
- Lorna. Murmura-t-elle enfin. Lorna Hatchett.
- Lorna ? C'est un bien joli nom.
Peu après cette courte conversation, l'adolescente était retombée dans son mutisme, et Wendell avait même du l'aider à finir de s'habiller. Un peu déçu par sa réaction, il lui avait néanmoins exposé son plan. L'idée était simple : il voulait rejoindre sa famille qui vivait du côté de Jericho. Le problème était que son objectif se situé à quelques 160 Km de là...
- Je sais que ce n'est pas vraiment la porte à côté, mais on y sera bien accueilli. Mon cousin Stanley est un type génial ! En plus je suis sûr que tu va bien t'entendre avec ma cousine Bonnie, elle a à peu prêt ton âge, tu sais ?
L'idée de parcourir tout ce chemin à pied était inconcevable, surtout avec les températures en baisse de ces derniers jours. De plus les routes n'étaient pas sûres. Après un petit déjeuner sommaire lors duquel son invitée n'avait avalée que deux bouchées, il s'était donc mis en quête d'un quelconque moyen de transport. L'adolescente le suivait de maison en maison prenant bien garde de ne pas se faire distancer. Elle semblait perdue dans ses pensées. De temps à autre, Wendell lui parlait, histoire de ne pas la laisser s'enfoncer davantage dans son silence. Lorna hochait parfois timidement la tête pour lui répondre, et le jeune homme considéra cela comme encourageant.
- Tu pourrais t'arrêter de parler cinq minutes, lâcha-t-il même à un moment, on entend que toi ici...
Il s'arrêta finalement prêt d'une vieille Chevrolet bleue nuit. La voiture un peu cabossée n'était pas de toute première jeunesse, mais présentait un avantage certain : les clefs étaient encore sur le contact.
- Bingo !
S'asseyant derrière le volant, il essaya de la faire démarrer. La Chevrolet toussa un instant puis le moteur se mit en marche. Une fumée blanche monta du pot d'échappement pour partir en volute vers un ciel chargé de lourds nuages gris. Les yeux de Wendell se posèrent alors sur la jauge de carburant. Un sentiment d'injustice s'empara de lui. Le réservoir était presque à sec.
- Bon sang, c'était trop beau...
Il coupa rageusement le moteur. Lorna, plantée à côté de la voiture le regarda avec ses grands yeux tristes. Il lui fit un clin d'½il, espérant la rassurer par ce simple geste.
- T'en fais pas, il faut juste trouver un peu d'essence.
C'était quand même plus facile à dire qu'à faire, car depuis quelques semaines le carburant était devenu aussi précieux que de l'or. Il allait être difficile d'en trouver, surtout dans une ville aussi petite que Bigsbee. Wendell allait certainement devoir siphonner les réservoirs de toutes les voitures... à moins que... Mais oui ! Quel imbécile ! Comment ne s'en était-il pas rappelé plus tôt ?
En venant dans se trou paumé, il avait repéré une petite station essence sur le bord de la route. Elle se trouvait environ à 1 kilomètre au nord. Il y avait certainement assez d'essence dans la voiture pour aller jusque là. En admettant que les pompes soient encore en état de fonctionner, cela valait le coup d'essayer...
Mue par une énergie nouvelle, Wendell se dirigea d'un bon pas vers le bureau du shérif. Il en ressortit trente secondes plus tard avec son sac à dos. D'un geste maladroit il le chargea à l'arrière de la Chevrolet. A cause de son bras en moins, il du faire un deuxième puis un troisième voyage pour récupérer à l'intérieur du bâtiment les deux cartons de provisions qu'il avait réuni en fouinant dans le petit bled.
Lorna le regarda faire ces allez retour frénétique, l'air complètement hagard. Elle devait certainement se demandée quelle mouche l'avait piquée. Lorsqu'il eut fini de charger le tout sur la banquette arrière du véhicule, il se tourna vers elle les yeux brillant d'excitation :
- Je vous emmène en ballade, mademoiselle ?

FIN EPISODE 4
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# Posté le mercredi 27 juin 2007 12:47

Modifié le mercredi 22 août 2007 13:48

Apocalypse épisode 5 / saison 1

épisode 5 : La station service.



La Chevrolet s'arrêta en soulevant un nuage de poussière. Wendell coupa le moteur presque immédiatement. L'aiguille de la jauge d'essence n'avait pratiquement pas bougée depuis leur départ de Bigsbee, un véritable petit miracle. Le jeune homme ouvrit la portière de la voiture.
- Ne bouge pas, déclara-t-il à l'attention de l'adolescente assise sur le siège passager, je n'en ai pas pour longtemps.
Celle-ci répondit d'un léger hochement de tête. Wendell sortit du véhicule et s'approcha lentement des bâtiments, les sens aux aguets.
La station service n'avait rien d'inhabituelle. Elle était composée de deux pompes à essence à la peinture écaillée, de toilettes publiques qu'aucune femme digne de ce nom n'aurait osée utiliser, et d'un petit atelier envahis par les mauvaises herbes.
La première pompe était vide de chez vide. La seconde en revanche était à moitié pleine. Il en restait largement pour faire le plein de la voiture. Une véritable aubaine !
- Oui !
Le jeune homme eut un geste de triomphe, puis dévissa le bouchon du réservoir de la Chevrolet. Il commença ensuite le transfert du précieux liquide. Alors que celui-ci s'opérait, il remarqua du bruit dans son dos.
- Putain mais qu'est-ce qu'il fout celui là ?
La voix n'avait rien d'amicale. Wendell se retourna pour se retrouver face à trois hommes. Le trio lourdement armé qui sortait de l'atelier, était affublé d'uniformes et autres insignes militaires. A cause de son handicap, le jeune homme n'avait jamais fait son service, mais il ne fallait pas s'appelait Einstein pour deviner que ces types ne faisaient pas partis de l'armée de l'oncle Sam. Il s'agissait sans doute de mercenaires. Quelques détails confirmés cette théorie, comme l'anneau que portait l'un des gars à l'oreille gauche, ou l'âge plus qu'avancé de celui qui semblait être leur chef...
Alors qu'ils avançaient vers lui, menaçant, le jeune homme remarqua seulement le 4x4 noir qui était en partie caché par le mur des toilettes. Il s'en voulut de ne pas l'avoir vu plus tôt. Quel manque de prudence...
Malgré sa cinquantaine bien tassée, un certain charisme se dégageait du plus haut gradé. Il avait une vilaine cicatrice au coin des lèvres qui lui donnait l'impression de sourire en permanence, un nez devant lequel le plus grand des chirurgiens esthétiques eut baissé les bras, et une corpulence digne des meilleurs catcheurs. Le type à la boucle d'oreille était un grand black arborant des lunettes de soleil dernier cri et une arrogance en symbiose parfaite avec sa dégaine de jeune premier. Le troisième enfin, un rouquin au visage clairsemé de tâches de rousseur, portait de petites lunettes rondes qui lui retombaient en permanence sur le nez. Il mâchait nerveusement un chewing-gum.
- Je peux savoir ce que vous foutez ici ? Demanda le vieux à la balafre.
Avant qu'il ne puisse réponde, le black enchaîna :
- Il est en train de nous piquer de l'essence Sergent. V'la ce qu'il fait !
- J'allais la payer, fit Wendell sur la défensive, y'a pas de quoi s'énerver...
Le noir se prit la tête entre les mains et eut un rire sarcastique :
- Putain, faut vraiment être le dernier des cons pour croire que l'argent à encore une quelconque valeur dans ce monde de dingues !
Le sergent fit signe au black de se taire. Lorsqu'il se tourna de nouveau vers Wendell son expression s'était durcie.
- Cette essence est la propriété du gouvernement des Etats-Unis, nous ne pouvons vous laissez la prendre Monsieur.
- Parce que vous comptez me faire croire que vous bossez pour le gouvernement ? C'te bonne blague...
Le sergent s'empara du fusil d'assaut qui jusque là était resté en bandoulière sur son épaule. Ses yeux furibonds ressemblaient aux canons jumelés d'un fusil de chasse.
- Nous n'avons pas à nous justifier devant un simple péquenot. En revanche nous avons l'ordre de tirer à vue sur les pillards. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Oh mais c'est très clair, vous gardez tout pour vous et tant pis pour les autres, c'est ça ?
Tout en parlant, Wendell avait retiré la lance de la pompe pour la replacer dans sa position initiale, se faisant il fit tomber quelques gouttes d'essence sur le sol. Alors qu'il refermait le bouchon de la Chevrolet, il entendit un petit cliquetis métallique.
- Ce connard se fout de notre gueule sergent, trouons-lui la peau !
Le noir avait déverrouillé le cran de sûreté de son flingue, un impressionnant M16A2 modèle commando muni, d'une lunette de visée laser et d'un lance grenades M20. Wendell glissa discrètement la main jusqu'à la crosse de son revolver. Alors que ses doigts l'effleuraient, il se souvint d'un petit détail fâcheux. Avec le sauvetage de Lorna et tout ça, il n'avait pas pensé à recharger le six coups. Il ne lui restait donc que deux balles dans le barillet. Deux misérables balles contre trois hommes armés d'engin de guerre, la balance était plus que déséquilibrée...
- Je serais vous, je ne toucherai pas à cette relique. Ou sinon je me verrais dans l'obligation de vous truffer de plomb...
C'était plus un ordre qu'un simple conseil. Wendell fut contraint d'obtempérer. Il retira lentement sa main du holster.
- Pourquoi attendre sergent, butons-le tout de suite !
Le rouquin qui jusque là était resté en retrait de la conversation, cracha son chewing-gum dans les mauvaises herbes.
- Bordel de merde Woodburn, abaisse ton joujou !
- On ne t'a pas sonné le binoclard, alors boucle-là !
L'intéressé ne se laissa pas démonter pour autant et reprit d'une voix plus forte :
- Nous sommes ici pour protéger la station service des voleurs éventuels, pas pour massacrer tout ce qui bouge !
Le binoclard chercha un appui auprès de son supérieur :
- N'est-ce pas sergent ?
Une curieuse lueur habitait toujours le regard du gradé qui fit mine de réfléchir. Wendell profita de ce laps de temps pour passer mentalement en revue les possibilités de fuite. Les trois mercenaires étaient trop proches de lui pour espérer leur tourner le dos et s'engouffrer dans la voiture. Ils n'hésiteraient certainement pas à le tirer comme un lapin, considérant son geste comme celui d'un voleur. Sans compter qu'il pouvait aussi blessé Lorna dans la fusillade. Lorna ! Du coin de l'½il le jeune homme regarda à l'intérieur de la Chevrolet. Il n'y vit personne. L'adolescente avait du se cacher en bas de son siège dès les premiers échos de la conversation. Un bon réflexe qu'elle devait certainement mettre sur le compte de la monstrueuse peur panique qui la hantait depuis qu'il la connaissait...
- Il a piqué du carburant. Pour moi ce type n'est qu'un vulgaire pillard.
- Amen sergent, approuva Woodburn.
Wendell déglutit bruyamment, merde cela ne sentait pas bon. Les deux hommes le mirent en joue, mais alors que le jeune homme croyait sa dernière heure arrivée, l'inattendu se produisit. Le rouquin dirigea son fusil d'assaut contre ses propres compagnons d'armes. Un petit point rouge apparut sur le front de son supérieur.
- Cette fois y'en a marre de vos conneries, s'emporta-t-il, notre mission est de remettre ce pays sur les bons rails, pas de foutre un peu plus la merde !
Le sergent le toisa de ses yeux furibonds.
- Baisse ce putain de flingue Dershot, avant que je ne t'abatte comme un chien.
Woodburn avait toujours son arme pointée sur Wendell, mais son attention était focalisée sur le dénommé Dershot. Le jeune homme mis cela à profit pour dégainer son revolver. Lorsque le black s'aperçut de sa boulette il était déjà trop tard. Le canon du colt était orienté pile entre ses deux yeux.
- Merde.
Cette fois ils étaient deux contre deux, se tenant mutuellement en respect. L'équilibre était rétabli. Aucun des deux partis ne semblait prêt à en démordre. La tension était à son comble. À la moindre échauffourée, c'était le carnage assuré...
- Jetez vos armes, leur ordonna le rouquin.
- Va te faire foutre ! Grogna le black.
Wendell arma le chien du revolver.
- On t'as dit de jeter ton arme, t'es sourd ?
Les lèvres du sergent s'étirèrent en un sourire dément, sinistrement accentué par sa balafre. Son expression avait vraiment de quoi foutre la trouille. Il jeta son arme sur le sol et invita son subordonné à en faire autant.
- Mais ? Balbutia ce dernier.
- Fais ce que je te dis !
Le black ne se le fit pas redire deux fois et se débarrassa de son M16 d'un geste rageur. Dershot leur ordonna ensuite de reculer ce qu'ils firent. Epongeant son front couvert de sueur il s'approcha de Wendell sans quitter les deux autres des yeux. D'une main, il fouilla les poches de son gilet de combat et en sortit un Beretta qu'il tendit au jeune homme.
- Prends ça, se sera plus efficace que ton colt.
Wendell s'empara de l'arme en le remerciant d'un geste de la tête.
- Ok, maintenant remonte dans ta bagnole et tires-toi d'ici.
Le jeune homme voulut protester mais il ne lui en laissa pas l'occasion.
- Quelqu'un doit rester pour les maintenir en joues. T'en fais pas pour moi, je maîtrise la situation. Toi dégage de là en vitesse.
Il obéit à contrecoeur. S'asseyant au volant de la voiture il remarqua avec soulagement que Lorna était bien cachée en bas du siège passager. Il mit alors le moteur en route, satisfait de voir que la jauge d'essence était maintenant au trois quart.
- Une dernière chose, lança Dershot. Ravenwood a mis des barrages un peu partout sur l'autoroute, alors évite de passer par là.
- Sale traite ! Cracha Woodburn.
- Compris. Fit Wendell. Euh... je n'ai jamais été très doué pour les adieux.
- Moi non plus, un simple merci suffira.
- Merci pour tout. Et bonne chance.
- A toi aussi.
Sur ces mots, il démarra. Alors que la Chevrolet s'éloignait, Dershot eut le mauvais réflexe de la suivre des yeux. Deux secondes plus tard, il avait un poignard planté entre les omoplates. Le sergent retira sa lame d'un geste précis.
- Au 4x4, vite !
Dans le rétroviseur de la voiture, Wendell vit le corps du mercenaire tombé face contre terre et ses assassins se précipiter vers leurs voitures. Il comprit presque qu'immédiatement que les ennuis étaient loin d'être finis...
- Et merde, un problème après l'autre !

FIN EPISODE 5

LA SUITE DE LA SAISON 1
BIENTOT
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# Posté le mercredi 27 juin 2007 12:48

Modifié le mercredi 22 août 2007 13:48